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Paniers en écorce de bouleau

Celine Edda Birchbark Basket Depuis plusieurs siècles, les Dénées de la région de Fort Liard utilisent l’écorce des bouleaux indigènes pour fabriquer de jolis paniers pratiques permettant de transporter de la nourriture, de l’eau et d’autres provisions. Fabriqué à la main de manière habile, chaque panier en écorce de bouleau unique est conçu et décoré de manière à représenter la vision et la créativité de sa créatrice.

L’écorce

Celine Edda, Fort Liard Les cires naturelles de l’écorce de bouleau en font une matière première imperméable et imputrescible, idéale pour la fabrication de paniers. Le meilleur moment pour récolter l’écorce de bouleau est la fin du printemps ou le début de l’été. Elle se détache plus facilement lorsque la sève coule et que le taux d’humidité est parfait. On pratique une coupure verticale d’environ 90 centimètres sur l’arbre et on enlève soigneusement l’écorce qui entoure le tronc. On laisse l’écorce interne brune pour ne pas endommager l’arbre.

L’écorce pelée est très légère et souple. On la roule à l’envers et on l’attache à l’aide d’une corde. Il faut l’entreposer dans un endroit frais ou la congeler pour éviter qu’elle sèche.

Les racines

On utilise des racines d’épinette pour coudre les paniers en écorce de bouleau. Les racines longues et droites sont plus faciles à séparer et à coudre. Les épinettes de taille moyenne avec de longues branches très droites possèdent habituellement les racines recherchées.

Les journées pluvieuses de juin sont idéales pour récolter les racines d’épinette. C’est le moment où l’écorce est la plus facile à retirer. Les racines à écorce rouge, jeunes et solides, sont préférables aux noires qui sont vieilles et fragiles. Une fois enroulées, on peut les conserver dans un sac fermé pour garder l’humidité. On peut les sécher et les entreposer si on ne les utilise pas immédiatement. 

Fabrication du panier

Avant que le travail puisse commencer, on doit préparer tout le matériel. On fait tremper les racines d’épinette durant la nuit, puis, quand elles sont ramollies, on les coupe en deux sur la longueur avec un couteau, en partant de l’extrémité la plus large. On enlève l’écorce et on coupe de nouveau la racine dénudée en deux. On retire les nœuds, car ils ne résisteront pas. On coupe le bout de la racine en pointe pour permettre de la coudre et on remet les racines dans l’eau pour qu’elles demeurent humides jusqu’au moment de les utiliser.

On ramasse de fines branches de bois de flèche, dont on retire l’écorce, pour réaliser la structure du panier. Après les avoir taillées au couteau de manière égale, on les enroule et on les fait tremper dans l’eau.

On enlève la couche extérieure de l’écorce de bouleau en grattant doucement au couteau pour retirer les nœuds et les parties de l’écorce qui se décollent. On frotte ensuite l’écorce de bouleau au papier abrasif pour en faire une surface lisse. Plus on la gratte et on la ponce, moins il y restera de nervures. On peut varier la durée du ponçage pour créer des bandes contrastées qui pourront servir à décorer le panier. On découpe ensuite l’écorce à la forme du panier.

Karen Cumberland Birchbark Basket Si l’on prévoit décorer le panier à l’aide de piquants de porc-épic, on dessine un motif sur l’écorce. On poinçonne ensuite l’écorce avec une alêne pour pouvoir y insérer, un par un, les piquants colorés. Beaucoup de temps et d’efforts sont nécessaires pour préparer et teindre les piquants, ce qui s’ajoute aux efforts considérables nécessaires pour la confection du panier. Une autre technique de décoration consiste à gratter à travers les couches d’écorce. Cela produit un motif qui contraste avec l’arrière-plan en raison de l’exposition de différents tons d’écorce. On peut aussi mordre l’écorce de bouleau et utiliser des bandes de couleur contrastante pour garnir les rebords afin de décorer le panier. Toute la décoration doit être terminée avant l’assemblage.

On humidifie ensuite l’écorce de bouleau à l’aide d’un linge humide et on la suspend au-dessus d’un feu pour l’assouplir. Après cela, on y poinçonne des trous de laçage avec une alêne, on la plie selon la forme de panier désirée, et on insère de petites tiges de bois dans les trous pour la maintenir en forme pendant le séchage. On enveloppe ensuite l’intérieur et l’extérieur de la partie supérieure du panier avec deux bandes de bois de saule humides, et on les laisse sécher.

On peut ajouter un couvercle à ces paniers polyvalents pour éviter qu’ils ne se renversent, ce qui permet par exemple de les utiliser pour conserver des aliments, ou pour transporter des outils, des appâts ou des baies. Pour fabriquer un couvercle, on coupe un morceau d’écorce de bouleau à la forme appropriée. On met un morceau de bois de saule en forme de manière à pouvoir l’insérer à l’intérieur de la bordure du couvercle, et on le laisse sécher.

Lorsque le panier et les bandes de bois de saule sont secs, on enlève les tiges. Les coutures sont faites à l’aide de racines d’épinette souples pour que le panier garde sa forme.

On perfore le contour de la partie supérieure du panier et la bordure du couvercle à l’aide d’une alêne. Au moyen de racines d’épinette, on coud les bandes de bois de flèche courbées pour renforcer le panier et le couvercle. Pour créer un motif, on peut laisser des espaces plus ou moins grands entre les points. Une fois la rangée de points terminée, on rentre l’extrémité de la racine sous un point de couture pour l’attacher.

On peut utiliser des bandes de peau d’orignal pour mettre la dernière main au panier. Elles servent à le maintenir fermé et, parfois, comme poignées pour le transporter facilement.

Si on ajoute de la gomme d’épinette aux coutures du panier, on peut l’utiliser pour transporter de l’eau. On peut appliquer une couche d’argile mélangée à de l’herbe séchée à l’intérieur du panier et l’utiliser comme casserole pour cuisiner.

Pour en savoir plus sur les paniers en écorce de bouleau, téléchargez cette brochure.